Les malades sont susceptibles d’appeler une ligne d’écoute en pleine crise ou entre deux crises s’ils ont besoin de ne pas se sentir seul-e dans un moment d’exacerbation de la maladie, qui ne peut ou ne nécessite pas d’aide des services d’urgences (par exemple, une consultation est prévue dans les jours à venir, mais la nuit est trop difficile là tout de suite).
Algie vasculaire de la face (AVF) et crise suicidaire

C’est quoi l’AVF ?
L’algie vasculaire de la face (cluster headache) est une céphalée primaire (c’est donc une maladie neurologique et non psychiatrique) caractérisée par :
- une douleur unilatérale extrêmement intense
- des crises durant 15 à 180 minutes, répétées, souvent à heure fixe
La crise d’AVF est transitoire mais peut générer un risque suicidaire immédiat. C’est l’une des pires douleurs connues en médecine humaine.
Le surnom de la maladie est : céphalée du suicide, car de nombreux malades mettent ainsi fin à leur douleur insupportable, équivalente à une amputation à vif (répétée…).
Une réponse rapide, concrète et non jugeante est essentielle.
Quel risque suicidaire ?
Comme reconnu notamment par la plus grosse association de patients au monde (Clusterbusters) et les études scientifiques sur les répercussions psychiatriques de la maladie :
- le risque suicidaire est augmenté, en particulier pendant les crises
- les idées suicidaires sont souvent aiguës, impulsives, directement liées à la douleur
Point essentiel : l’objectif exprimé est de faire cesser la douleur, et non de mourir.
Comment peut se présenter l’appelant-e ?
La personne peut :
- être agitée, incapable de rester immobile
- crier, pleurer ou se frapper
- avoir des difficultés ou une impossibilité à parler
- exprimer des idées suicidaires soudaines
Ce tableau peut mimer une urgence psychiatrique, mais correspond à une douleur neurologique extrême.
Comment répondre de façon adaptée ?
- Évaluer rapidement le niveau de danger
- Encourager la présence d’un tiers et éviter l’isolement
- Maintenir le contact pendant toute la crise
- Accepter qu’un proche puisse répondre à la place de la personne si nécessaire
Traitement de la crise d’AVF (sans traiter la douleur, impossible de faire passer la crise suicidaire) :
– oxygénothérapie (15 litres par minute avec masque et technique respiratoire adaptés)
– sumatriptan (injectable de préférence, intranasal à défaut)
L’AVF ne répond pas aux morphiniques.
La diminution rapide de la douleur est capitale.
Quelle orientation ?
- en cas de danger immédiat : coordination urgente avec les secours pour traitement de la douleur
- sinon : maintien du lien jusqu’à la fin de la crise et relais familial ou amical adapté
- toujours : s’assurer que l’appelant a un suivi très rapidement avec un médecin car son appel est significatif de l’exacerbation de son AVF

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