Le médecin généraliste est très souvent celui qui devra penser au diagnostic, dégrossir le tableau et adresser le patient. Pourtant, c’est souvent difficile, parce qu’une personne sur mille, c’est peu dans une patientèle de généraliste. Et parce qu’en médecine, on vous a appris des bêtises : l’AVF ça concerne des hommes entre 20 et 40 ans qui fument ou ont fumé. NON ! Désormais on sait que ce n’est plus le cas, vous avez des ressources sur mon blog avec les études réalisées dans le monde.
L’errance médicale dans l’AVF est de plusieurs années et elle est dangereuse car elle peut tuer.
La majorité des femmes reçoivent un diagnostic psychiatrique, ou de migraine ( qu’elles peuvent avoir en comorbidité) avant l’AVF. La majorité des malades, tous genres confondus, reçoivent aussi un diagnostic de sinusite, consultent des dentistes, des orthoptistes ou ophtalmologues, ORL. Et enfin, les confusions sur les douleurs de la face et de la tête sont généralement avec les névralgies du trijumeau et d’Arnold.

Pour vous aider dans votre diagnostic, utilisez le site CEPHALEECLIC (conçu par des neurologues pour vous).
Si votre doute est déjà un peu levé :
- quels sont les symptômes associés (AVF : signes végétatifs)
- êtes-vous agité pendant la douleur (AVF : oui. Migraine : non)
- avez-vous des idées noires pendant la douleur (AVF : souvent)
- combien de temps dure le pic de la douleur sans traitement (AVF : 15 à 180min. Migraine : 4 à 72h. Névralgie : quelques secondes à quelques minutes)
- l’ultime coup de pouce se trouve peut-être dans l’ETCH
Ayez une attention particulière sur les populations habituellement hors radar qui décrivent une douleur particulièrement intense mais qui ont une expérience de vie avec des douleurs déjà intenses (indice) : femme, âge non statistiquement diagnostiqué (avant 20 ans et après 40 ans).
Ne concluez jamais à de l’anxiété ou de la dépression ou une migraine sur une femme qui ne décrit pas une migraine typique. L’AVF est très sous-diagnostiquée chez les femmes. L’hémicrania encore plus souvent !
Vous êtes sûr-e ou presque, que faire ?
- Expliquez : l’AVF se traite en neurologie
- Rassurez : il y a énormément de traitements à essayer et la recherche est vive (à l’étranger), tandis que les groupes de malades et les associations françaises sont très anxiogènes
- Adressez : c’est obligatoire pour l’ordonnance d’oxygène
- Contactez le service de neurologie si le patient n’obtient pas de rendez-vous en urgence, l’AVF tue
- Prescrivez si le dossier médical du patient le permet : le SUMATRIPTAN INJECTABLE (si le patient à trop peur du sous-cutané, le spray nasal mais c’est beaucoup moins efficace, discutez si vous le pouvez, j’ai créé une page spéciale sinon), comprimé totalement inutile (⚠️ risque de lui faire croire que cela ne fonctionne pas).
Attention certaines CPAM rejettent les ordonnances simples pour le sumatriptan injectable donc préférez les ordonnances de produit d’exception. Contrairement à la migraine, l’AVF permet d’en consommer deux par jour tout le mois, mais il reste préférable de se limiter si la forme de la maladie le permet : en attendant l’oxygène c’est la SEULE option de traitement de votre patient ! - Revoyez le patient si le rendez-vous spécialiste tarde trop, vous pourriez avoir besoin de gérer un traitement transitionnel.
Vous avez un patient déjà diagnostiqué et suivi
- Exacerbation sans réponse du neurologue ou algologue ? Prescrivez si le dossier médical du patient le permet : de la PREDNISOLONE qui est le traitement transitionnel de référence pour l’AVF. Si vous le faites : prévenez d’un effet rebond potentiel à la décroissance. En parallèle, harcelez le servie hospitalier susceptible de soulager le patient (si besoin d’aide et si je suis disponible pour cela, contactez-moi cela fait partie de mon rôle de pair-aidant et me soumet évidemment d’office aux règles de confidentialité).
- Pour parler et comprendre la douleur de votre patient-e AVF, utilisez l’échelle KIP.
- Ne laissez jamais le patient sans SUMATRIPTAN INJECTABLE (spray nasal à défaut) et s’il en a un, son traitement de fond
- Faites régulièrement le point sur les interactions de ses traitements car les patients sont souvent très médicaments et auto-médicamentés ; et sur une éventuelle sur-consommation de traitement de crise (normale sur l’AVF !).
- Parlez ouvertement d’idéations suicidaires afin de les désamorcer. Si le patient n’a pas de suivi, proposez systématiquement un début de suivi psy avec un professionnel dont le titre est protégé.
- Si ce n’est pas fait : proposez un dossier MDPH.
IMPORTANT. Les opioides n’ont aucune efficacité sur l’AVF et sont dangereux car entraînent souvent une céphalée secondaire chez les patients souffrant d’une céphalée primaire (en plus des autres problèmes de ces molécules). Au cas par cas, pour éviter le pire pour une nuit faute de prise en charge aux urgences, ils se discutent. Jamais en prise au long cours. Jamais autrement qu’en « détournement de molécule » donc en pleine conscience par le médecin et le patient qu’il s’agit d’un pis-aller dans un système de soins défaillant.

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